Depuis 2011, nous soutenons l’ONG CARDTS « Citizens Alliance for Rural Development and Training Society » qui finance et gère un programme pour des enfants orphelins dont les parents sont décédés suite à la maladie du sida ou dont les parents, trop affectés ou faibles en raison du virus ne peuvent plus assurer pleinement leur rôle.
Pour vous faire partager cette belle aventure, nos équipes présentes en Inde ont interviewé Mr Bhagavan Das, directeur et fondateur de Cardts.
Pouvez-vous m’en dire plus sur le début de cette aventure?
CARDTS a été fondé en 1994 par un groupe de travailleurs sociaux, tous pourvus de plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des enfants, femmes malades du sida et ayant travaillé dans des structures tant nationales qu’internationales.
J’ai voulu donner à cette communauté, marginalisée dans mon pays, de réelles compétences car selon moi, donner de l’argent ne résout rien, seule l’éducation compte.
Comment est-ce que vous les éduquez concrètement?
Pour les enfants dont les parents sont touchés par le virus du Sida ou décédés, nous les éduquons de façon à leur construire un futur mais également pour leur permettre de vivre pleinement leur enfance.
Les formations portent sur les droits des femmes et les violences auxquelles elles doivent faire face mais également sur la prévention contre la transmission du Sida.
Nous avons déjà formé 10 000 personnes dont 7 000 sur le sujet des violences conjugales et 1000 hommes et femmes par le biais d’un programme UNICEF de prévention.
Notre idée de la formation est de croire que les formés deviendront des formateurs et que leur savoir se transmette.
Quelles sont les infrastructures dont vous disposez pour réaliser vos projets?
Nous avons des bureaux à Mangalore, sur la route BC, Udupi, Tumkur, Sira & Kunigal et nous avons 2 maisons à Mangalore : 1 qui s’occupe de 53 enfants touchés par le Sida et 1 à Kunigal avec 52 enfants.
Cardts emploie 70 personnes: docteurs, ingénieurs, travailleurs sociaux… Je tiens à souligner qu’il y a autant d’hommes que de femmes et que 20% des effectifs sont réservés à des malades du Sida.
Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur ce centre d’accueil des enfants ?
Le centre de Kunigal a ouvert en 2006 avec 11 enfants et actuellement nous avons 30 garçons et 22 filles. Le centre est géré par 1 coordinatrice, 2 gardiens (1 pour la section des filles, 1 pour les garçons), 2 assistants par section, un cuisinier et un assistant de cuisine. A part la coordinatrice, tout le monde vit au centre.
Les enfants sont pris en charge à partir de 6 ans, âge de scolarisation. Ils ont tous un parcours différent : 8 sont orphelins et à part 2, tous ont au moins perdu un de leur parent à cause du Sida. Je souhaite vraiment m’en occuper jusqu’à un niveau d’enseignement supérieur et je poursuis quelquefois ce rôle jusqu’à leur mariage.
Quel est un jour type au sein de ce centre ?
Normalement, l’enfant se lève tôt, part se balader sur le campus et enchaîne avec une séance de yoga. Puis il prend son petit déjeuner avant d’aller à l’école. Ensuite, il déjeune à l’école et après l’école il retourne au centre à 16h30. Après avoir pris son goûter (lait et biscuits) il peut jouer et faire quelques activités de jardinage par exemple. À 19h, c’est la prière du soir, puis les devoirs pendant 1h et ensuite le diner à 20h30 et au lit à 21h.
Qui soutient vos projets?
Le programme est soutenu par « the Aware Foundation » en Angleterre. Et, nous avons des donateurs du Karnataka et différents états du pays.
La construction de ce bâtiment avec un espace suffisant pour les enfants était un de nos rêves. Nous avons rencontré différents acteurs locaux pour la subvention et nous avons été en contact avec Shridar, président de Reitzel India.
Grâce à son soutien et aux donations du Groupe Reitzel, nous avons construit ce bâtiment et depuis, Reitzel est un de nos plus importants partenaires. Nous avons récemment construit une salle de cuisine toute équipée, financée par Reitzel.
A quoi servira ce bâtiment dans le futur?
Nous avons comme projet d’augmenter le nombre d’enfants à 60, mais nous attendrons avant, la construction d’un bâtiment pour les garçons qui servira de dortoir qui nécessiterait un investissement de 6500€, ce qui nous permettrait d’utiliser le bâtiment Reitzel uniquement comme cuisine et salle de repas.
Merci Mr Bhagavan, une dernière question, êtes-vous mariés et avez-vous des enfants ?
Oui, je suis marié mais j’ai 107 enfants, 2 de mon mariage (un fils et une fille) et les 105 autres sont des cadeaux de Dieu, dont je dois m’occuper.